Des corps sombres,
Endormis,
Marchent dans le brouillard évanoui,
Rue du faubourg Saint-Denis,
Décor sombre,
Tard la nuit,
Bien après que la lumière a pâli,
À l’heure où même les ombres,
Sont lasses et s’ennuient,
Les corps se confondent,
S’enlacent et s’envient,
Sous la lune assoupie,
Étrange théâtre,
Curieuse scène de vie,
Rue du faubourg Saint-Denis.

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Quand le ciel aura fondu,
Et que les neiges suspendues,
Ne seront que poussières en talus,

Quand tout le sel de la Terre,
Aura été mis a nu,
Révélant d’immenses déserts écrus,

Quand les corps auront depuis longtemps disparu,
Et que les poètes se seront tus,

Quand tout aura été,
Rien, ne sera plus,

Jusqu’au prochain début,

Et alors, une nouvelle fois,
Qui seras-tu ?

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Les couleurs qui changent au fil des saisons,
Les cheveux qui petit à petit deviennent blancs,
Au lointain porté par le vent,
L’écho cuivré d’un carillon distant,
Souligne les rires des enfants,
D’un trait d’union qui peut-être,
Les fera à leur tour devenir parents,
Pour pouvoir eux aussi écouter dans le vent,
La musique éternelle du rire de leurs enfants,
Aujourd’hui, ici et maintenant.

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La dernière fois que nous nous sommes rencontrés,
C’était hier, il y a une éternité,
Des heures, des jours, des siècles,
Des milliers d’années,
Tu portais une couronne,
Et des fleurs en collier,
Ta couronne, c’est moi qui l’avais fabriquée,
Et les fleurs, majestés subjuguées,
Respiraient ton parfum et célébraient ta beauté,
La dernière fois que nous nous sommes rencontrés,
Nous nous sommes aimés,
Tout entiers,
Pour l’éternité.

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Do you hear me wonder, granny,
Now that I learn to sit in the moment silently,
Do you feel my blissful energy,
As I spread my wings, to rise quietly,
Turning each and every stone,
Moving the tallest mountains,
Stargazing, traveling among galaxies,
Through hinterlands, across cities,
To try and reach your precious soul,
To feel your miraculous smile again,
And your radiant warmth, surrounding me,
Wherever you are,
Wherever you may be.

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Regarde un peu si tu l’oses,
Regarde l’univers dans les yeux,
Regarde un peu, pauvre fou,
L’incommensurabilité du tout,

Sonde un peu de l’immensité,
Qui sommeille en chacun d’entre nous,
Réalise que tu ne comprendras jamais tout,
Petit bout,

Des poussières de lumières, voilà tout,
Rêveurs éternels, savants fous,
Poètes et musiciens bâtissant le réel,
Plus que tout.

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Écoute les oiseaux,
Danser dans le bruit du vent,
Le murmure de la mer,
Son mouvement incessant,

Écoute les rires des enfants,
Découvrant des merveilles à chaque instant,
Écoute la pluie,
L’univers et ses chants,

Ils te chantent simplement,
Qu’il est capital de prendre ton temps,
De le saisir, littéralement,
Pour pouvoir vivre, vraiment

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Respirer les senteurs humides,
Et les parfums fruités de l’infini,
Profiter de cet instant de calme,
À la frontière du jour et de la nuit,
Marcher parmi les rêveurs,
Cueillir quelques étoiles,
Les offrir en bouquet à la Lune,
Et revenir vers ici,

Observer l’univers,
Transmettre des messages,
Inventer le monde, décorer la vie,
Des touches de nuances pastel,
De la lumière d’aujourd’hui,
Qui peu à peu se révèle,
Et embrasse le monde,
Encore endormi.

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Mathieu Jouhet

Alors et la poésie, ça vaut bien le prix d’un sandwich, il faut écouter un poème… https://hello-mat.com